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Bien-être

Radiateurs classiques : des architectes annoncent la fin prochaine au profit d’un chauffage mieux adapté à nos maisons

En bref

Des architectes affirment que les radiateurs classiques deviennent obsolètes dans les logements bien isolés au profit de systèmes de chauffage basse température comme les pompes à chaleur.

Trois points à retenir

  1. Les radiateurs traditionnels compensaient autrefois les parois froides des logements mal isolés, mais perdent leur utilité dans les bâtiments modernes bien isolés
  2. Le chauffage basse température (30-40 °C) via pompe à chaleur, plancher chauffant ou murs chauffants remplace progressivement les radiateurs à haute température
  3. MaPrimeRénov' offre jusqu'à 11 000 € pour une pompe à chaleur géothermique, tandis que les chaudières à gaz sont exclues des principales aides

La réponse en bref

Selon l'architecte Jordi Martí, les radiateurs classiques sont effectivement en voie de disparition dans les logements bien isolés, remplacés par des systèmes basse température plus efficaces. Toutefois, certains radiateurs existants peuvent être conservés s'ils sont suffisamment dimensionnés pour fonctionner avec une pompe à chaleur.

Pourquoi les radiateurs traditionnels sont-ils remis en question ?

La déclaration est frappante : « Les radiateurs ont les jours comptés ; c’est une technologie inefficace et obsolète ». Ces mots ne viennent pas d’un tendanceur de l’habitat, mais de Jordi Martí, architecte spécialisé dans l’efficacité énergétique. Selon lui, ce sont les nouvelles exigences d’isolation, la réduction des émissions carbone et la flambée des prix des combustibles qui bouleversent profondément la façon dont nos logements sont chauffés.

Pendant des décennies, les radiateurs classiques en fonte ou en acier ont compensé des parois froides et des fenêtres peu performantes. Vissés sous chaque fenêtre, ils faisaient partie du décor intérieur. Mais les bâtiments neufs — et de plus en plus de logements rénovés — affichent désormais un tout autre profil thermique. La question que se posent de nombreux architectes est devenue incontournable : ces équipements ont-ils encore leur place dans les habitations d’aujourd’hui ?

Des radiateurs conçus pour des maisons qui n’existent plus vraiment

Jordi Martí l’explique clairement : dans les vieux logements mal isolés, le corps humain rayonne de la chaleur vers des murs très froids, ce qui crée une sensation permanente de courant d’air froid, même lorsque la température ambiante est correcte. C’est précisément cette réalité physique qui justifiait historiquement l’usage de radiateurs fonctionnant à haute température.

L’architecte résume la bascule actuelle en une formule limpide : « Si ta maison est bien isolée, les murs seront chauds même si la température intérieure est la même. » Le confort ne repose alors plus sur un point de chaleur intense, mais sur l’homogénéité thermique de l’ensemble des surfaces.

Dans un logement bien isolé, les murs, le sol et les vitrages restent proches de la température intérieure, rendant l’air modéré suffisant pour se sentir bien. Maintenir une chaudière à gaz produisant une eau à 60 ou 70 °C n’a plus de sens dans ce contexte. « Aujourd’hui, il n’a plus de sens d’avoir une chaudière à gaz et des radiateurs qui deviennent brûlants », insiste Jordi Martí. Les besoins en chaleur diminuent, la technologie doit s’y adapter.

Le chauffage basse température : l’alternative jugée « bien meilleure »

Pour cet expert, l’avenir appartient au chauffage basse température, pensé pour les logements performants. Il cite notamment l’aérothermie via la pompe à chaleur (PAC), le plancher chauffant, les plafonds ou murs chauffants, ainsi que les systèmes de climatisation par air. Ces dispositifs fonctionnent avec une eau chauffée à seulement 30 à 40 °C, bien en dessous des températures atteintes par les anciens radiateurs.

« Tu verras de moins en moins de radiateurs », affirme Jordi Martí, en liant directement cette évolution aux normes énergétiques en vigueur et à la hausse du coût des énergies fossiles.

En France, les dispositifs d’aide publique accélèrent cette transition. MaPrimeRénov’ peut atteindre 5 000 € pour une PAC air/eau et 11 000 € pour une PAC géothermique ou solarothermique, soit environ 5 400 € et 11 900 € en équivalent euro constant. L’éco-prêt à taux zéro permet quant à lui d’emprunter jusqu’à 50 000 €, remboursables sur 20 ans. À l’inverse, les chaudières au gaz sont désormais soumises à une TVA de 20 % et exclues de l’éco-PTZ comme des principales primes.

Faut-il vraiment retirer tous ses radiateurs en passant à la pompe à chaleur ?

Sur le terrain, la réalité est plus nuancée. Plusieurs spécialistes de l’énergie rappellent qu’une PAC peut tout à fait fonctionner avec des radiateurs existants, à condition que ceux-ci soient suffisamment dimensionnés pour diffuser de la chaleur avec une eau moins chaude. L’élément décisif devient alors la température de départ : plus elle est basse, meilleur est le rendement de la PAC.

Autrement dit, certains radiateurs pourront être conservés, d’autres devront être remplacés par des modèles basse température ou des ventilo-convecteurs. Avant de prendre toute décision, les architectes recommandent d’effectuer un diagnostic de base :

  • le niveau d’isolation réel du logement (murs, combles, vitrages) ;
  • le type et la taille des radiateurs actuellement installés ;
  • les projets de travaux importants envisagés, comme la pose future d’un plancher chauffant.

Dans une maison récente et bien isolée, le duo idéal reste souvent la PAC air/eau associée à un plancher chauffant, ou la PAC air/air pour ceux qui souhaitent aussi bénéficier d’un rafraîchissement estival. Dans un logement ancien encore peu isolé, les experts préconisent de traiter d’abord l’enveloppe du bâtiment, tout en sélectionnant des émetteurs capables de fonctionner à plus basse température. Les aides financières, largement orientées vers les systèmes décarbonés, encouragent déjà cette transition discrète, dans laquelle les vieux radiateurs cèdent progressivement la place à des surfaces chauffantes plus douces, pilotées par l’électricité.