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Bien-être

Double vitrage avant 2000 : 87,2 millions de fenêtres françaises isolent trois fois moins bien

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En bref

87,2 millions de fenêtres françaises équipées de double vitrage de première génération (avant 2000) affichent un coefficient Ug de 3 W/m².K, trois fois supérieur au vitrage actuel à 1 W/m².K, entraînant des pertes de chaleur importantes.

Trois points à retenir

  1. Le double vitrage posé avant 2000 laisse passer trois fois plus de chaleur que le vitrage actuel (Ug de 3 W/m².K contre 1 W/m².K).
  2. Remplacer les simples et doubles vitrages anciens ferait baisser de 27 % les besoins de chauffage selon les fabricants.
  3. MaPrimeRénov' par geste ne finance plus le remplacement de fenêtres depuis le 1er septembre 2026, seuls restent le Parcours accompagné, les CEE, l'éco-PTZ et la TVA à 5,5 %.

La réponse en bref

Le double vitrage d'avant 2000 isole trois fois moins bien que le vitrage actuel car il utilise deux verres float sans traitement peu émissif, affichant un Ug de 3 W/m².K contre environ 1 W/m².K pour le vitrage moderne qui réfléchit les infrarouges vers l'intérieur.

Double vitrage avant 2000 : 87,2 millions de fenêtres françaises isolent trois fois moins bien

Si vous n’avez pas changé vos fenêtres depuis les années 1990, vous chauffez pour presque rien — le vitrage d’aujourd’hui divise par trois les pertes de chaleur.

Un matin de novembre, Catherine pousse le radiateur à fond dans son salon de Lyon. Les fenêtres ont été posées en 1998, le double vitrage semblait révolutionnaire à l’époque. Mais ce qu’elle ignore, c’est que son verre laisse passer trois fois plus de calories que celui que l’on installe aujourd’hui. Pourquoi ce double vitrage « moderne » devient-il soudain obsolète ? Et que faire de ces dizaines de millions de fenêtres qui refroidissent la France sans que personne ne s’en rende compte ?

Pourquoi le double vitrage des années 90 n’isole-t-il plus assez ?

Le coefficient Ug mesure la performance thermique du verre seul. Plus il est bas, moins la chaleur s’échappe. Le double vitrage de première génération affiche un Ug de 3 W/m².K, contre environ 1 W/m².K pour le vitrage actuel.

L’écart de performance atteint donc un facteur trois, rien que pour le verre.

La différence tient à la composition. Les fenêtres posées avant 2000 associent deux verres float sans traitement spécifique. Le vitrage de deuxième génération intègre au moins un verre peu émissif, qui réfléchit les infrarouges vers l’intérieur au lieu de les laisser filer dehors. Cette distinction technique a été rappelée lors d’un webinaire organisé par l’Union des fabricants de menuiseries (UFME) le 15 janvier 2026.

Le Ug ne mesure que le verre. Le Uw, lui, englobe aussi le cadre. Une fenêtre se juge donc sur les deux coefficients : celui du vitrage et celui de la menuiserie complète. Les menuiseries d’avant 2000 affichent un Uw compris entre 3 et 4,5 W/m².K.

Combien de logements sont encore équipés de ce vieux double vitrage ?

L’étude réalisée en 2025 par TBC Innovations pour le compte de Velux, présentée le 15 janvier 2026 par l’UFME, dresse un inventaire sans appel : 87,2 millions de fenêtres françaises sont encore équipées de double vitrage de première génération. Cela représente plus de 30 % des logements. On en compte 60,3 millions en maison individuelle et 26,9 millions en appartement.

Ce chiffre dépasse le nombre d’habitants en France, qui avoisine 68 millions.

Le simple vitrage n’a pas disparu pour autant. Il équipe encore 12,3 millions de fenêtres en maison et 20,7 millions en appartement. Cumulé, cela fait 33 millions de fenêtres à un seul verre, auxquelles s’ajoutent celles du vieux double vitrage.

Trois générations de vitrage — et trois niveaux de performance

Trois paliers racontent l’histoire du vitrage en France :

  • Le simple vitrage affiche un Ug de 6 W/m².K
  • Le double vitrage de première génération atteint un Ug de 3 W/m².K
  • Le vitrage actuel descend à environ 1 W/m².K

Passer du vieux double vitrage au modèle actuel divise donc le coefficient par trois. Pour ceux qui n’ont jamais changé leurs fenêtres depuis l’époque du simple vitrage, le gain est encore plus spectaculaire : le coefficient est divisé par six.

Remplacer à la fois les simples vitrages et les doubles vitrages de première génération ferait baisser de 27 % les besoins de chauffage, selon les fabricants.

La consommation d’énergie primaire reculerait de 18 %. Les émissions éviteraient 1,2 million de tonnes de CO₂ chaque année, d’après l’estimation de la filière. Ces projections viennent de la filière elle-même, pas d’un organisme indépendant.

Les fabricants signalent aussi que près de 30 % des fenêtres remplacées aujourd’hui sont encore du double vitrage de première génération. Le remplacement du vieux double vitrage est donc déjà engagé sur le terrain.

Que reste-t-il comme aides depuis le 1er septembre 2026 ?

MaPrimeRénov’ par geste ne finançait que le remplacement d’un simple vitrage. Depuis le 1er septembre 2026, le décret n° 2026-822 du 25 août 2026 en a sorti les fenêtres. Le texte modifie le décret du 14 janvier 2020 qui fonde la prime, et il a été publié au Journal officiel du 27 août, soit cinq jours avant son entrée en vigueur.

La règle s’applique aux demandes de prime déposées à compter du 1er septembre 2026. C’est la date de dépôt du dossier qui compte, pas celle du devis. Un dossier enregistré avant cette date reste instruit selon l’ancien barème.

Quatre dispositifs restent sur la table :

  • Le Parcours accompagné de MaPrimeRénov’, qui concerne les rénovations d’ampleur et non un changement de fenêtres isolé
  • La prime CEE
  • L’éco-PTZ
  • La TVA à 5,5 %

Chacun obéit à ses propres conditions, à vérifier avant de signer un devis.

Que demande la filière pour le vieux double vitrage ?

L’UFME plaide pour une évolution des critères de MaPrimeRénov’ et des CEE, afin d’y intégrer explicitement le remplacement du double vitrage de première génération. Le webinaire du 15 janvier 2026, organisé avec Velux et d’autres organisations professionnelles, a réuni près de 80 entreprises, artisans, bailleurs et institutionnels.

Le calendrier ne joue pas pour l’UFME : sa demande a été formulée début 2026, et c’est la sortie des fenêtres du parcours par geste qui est entrée en vigueur en septembre.

Le simple vitrage, seul à avoir été aidé en geste isolé, a lui aussi perdu ce soutien. La demande de la filière va donc à contre-courant de la politique publique actuelle.

Comment lire un devis sans se tromper ?

Sur un devis, deux coefficients méritent un coup d’œil attentif : le Ug du vitrage et le Uw de la fenêtre complète.

Un vitrage actuel vise environ 1 W/m².K, là où le vieux double vitrage se situe à 3 W/m².K. Côté fenêtre entière, la référence à battre est celle des menuiseries d’avant 2000, entre 3 et 4,5 W/m².K.

La nature du verre se vérifie aussi : au moins un verre peu émissif distingue la deuxième génération du double vitrage d’origine. Pour des fenêtres seules, restent mobilisables la prime CEE, l’éco-PTZ et la TVA à 5,5 %.

Les gains réels varient-ils d’un logement à l’autre ?

Les chiffres de la filière dessinent un chantier colossal, mais ils reposent sur une étude réalisée pour un fabricant de fenêtres. Les gains réels devraient varier d’un logement à l’autre.

Les fenêtres d’avant les années 2000 n’ont pas toutes le même Uw : entre 3 et 4,5 W/m².K, ce qui fait bouger le résultat d’une maison à l’autre. Le simple vitrage, avec son Ug de 6 W/m².K, reste bien sûr la pire configuration — mais 87,2 millions de fenêtres en double vitrage de première génération attendent encore leur tour, quelque part entre l’urgence et l’oubli.