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Sept façons vraiment utiles de réemployer un journal avant de le recycler

Ce vieux journal mérite mieux que la poubelle bleue directe

Ce journal du week-end qui traîne sur la table basse n’a pas forcément vocation à rejoindre le bac de recyclage immédiatement. Ses pages, encore bien solides, peuvent rendre de véritables services à la maison comme au jardin — parfois plus efficacement que certains produits achetés spécialement pour ça.

La Solid Waste Authority of Palm Beach County le rappelle : les fibres de papier ne supportent qu’un nombre limité de recyclages, environ sept, avant de devenir trop courtes pour produire du nouveau papier. Prolonger la vie d’un journal en le réemployant avant de le trier constitue donc un geste doublement malin — moins d’achats inutiles, moins de déchets, plus d’usage concret.

Trois règles à connaître avant de réutiliser du papier journal

Tous les journaux ne se valent pas selon les usages envisagés. L’U.S. EPA (Environmental Protection Agency) classe le papier journal non glacé déchiqueté dans les matières « brunes » du compost. En revanche, elle déconseille formellement le papier glacé ou très brillant, ainsi que les pages fortement colorées, aussi bien pour le tas de compost que pour le lombricompostage.

La règle est donc simple : les pages lisses et brillantes restent pour les usages ménagers, tandis que le papier mat noir et blanc est réservé au jardin. L’EPA recommande également un ratio de deux à trois volumes de matériaux « bruns » pour un volume de « verts » dans un compost équilibré.

L’ADEME précise par ailleurs qu’au moment du tri, il est inutile de froisser ou de déchirer les journaux — il suffit de respecter les consignes locales de collecte. Pas besoin non plus que le journal soit exempt de ruban adhésif ou d’agrafes pour le recyclage classique.

Sept façons réellement utiles de réemployer un journal à la maison et au jardin

Parmi les usages recensés par ÉcoGeste, Ma Fabrique à Journal et les travaux de l’Université du Minnesota ou de l’Université d’Iowa, sept applications se distinguent vraiment.

  • Nettoyer les vitres et miroirs : froissez une page, pulvérisez un mélange eau-vinaigre sur la surface, essuyez avec le papier journal, puis terminez avec une feuille sèche pour un résultat impeccable et sans traces.
  • Protéger les surfaces pendant les travaux : étalez plusieurs couches de journal sur le sol ou le plan de travail, fixez-les avec du ruban adhésif, puis jetez l’ensemble une fois la peinture sèche.
  • Emballer les objets fragiles : enroulez verres, assiettes et bibelots dans des feuilles de journal, puis comblez les espaces vides dans les cartons avec du papier froissé — une méthode conseillée par ÉcoGeste.
  • Sécher les chaussures mouillées : bourrez l’intérieur avec des feuilles bien tassées, laissez agir toute la nuit, puis remplacez le papier humide jusqu’à ce que l’intérieur soit complètement sec.
  • Neutraliser les odeurs du frigo et du bio-seau : tapissez les bacs à légumes ou le fond du seau à épluchures avec quelques feuilles, qui absorberont l’humidité et les mauvaises odeurs avant de partir au tri.
  • Pailler et désherber naturellement : selon les travaux de l’Université d’Iowa, posez 4 à 10 feuilles superposées sur un sol préalablement désherbé, humidifiez-les, puis recouvrez d’une couche de paillage de 5 à 8 cm. Ce « sandwich » prive les mauvaises herbes de lumière et les affaiblit durablement.
  • Alimenter le compost et le lombricomposteur : l’U.S. EPA recommande d’intégrer le journal non glacé déchiqueté comme matière « brune », avec un ratio de deux à trois parts de bruns pour une part de verts. En lombricompostage, l’agence préconise une litière constituée de bandes de journal trempées une dizaine de minutes puis essorées comme une éponge, sur quelques centimètres d’épaisseur, pour accueillir les vers Eisenia fetida — en évitant impérativement les pages brillantes ou très colorées.

Quand passer enfin au recyclage : le bon geste de tri

Après plusieurs usages humides, chiffonnages et pliages répétés, les fibres du papier finissent par s’user — tout comme après plusieurs cycles industriels. La SWA rappelle que ce seuil se situe autour de sept recyclages. Dès que le papier est trop abîmé pour rendre service, mieux vaut l’orienter vers la filière appropriée, à condition qu’il ne soit ni gras, ni couvert de peinture, ni souillé de déjections animales.

L’ADEME précise qu’un journal propre se dépose tel quel dans le conteneur « papiers » ou « emballages et papiers » selon la commune, sans le froisser ni le découper. Les feuilles souillées de peinture, d’huile ou de litière animale rejoignent, elles, les ordures ménagères ordinaires. En gardant ce repère en tête, chaque numéro lu peut enchaîner une belle série de services pratiques avant de trouver sa vraie fin de vie dans la bonne benne.