En bref
Un bricoleur ayant récupéré gratuitement des poutres en chêne d'une grange démolie risque une amende pouvant atteindre 1 500 € car le propriétaire de la grange n'a pas brûlé ni traité le bois contaminé par des termites avant transport, comme l'exige la loi dans les communes classées par arrêté préfectoral.
Trois points à retenir
- Dans les communes classées par arrêté préfectoral, les bois contaminés d'une démolition doivent être brûlés sur place ou traités avant transport, sous peine d'une amende jusqu'à 1 500 € pour le propriétaire.
- Toute personne connaissant la présence de termites doit le déclarer en mairie dans le mois, partout en France, sous peine d'une amende jusqu'à 450 €.
- Avant de récupérer des poutres anciennes, il faut vérifier si la commune est classée, demander si le bois a été traité et conserver une trace écrite de la déclaration.
La réponse en bref
Le propriétaire de la grange risque jusqu'à 1 500 € d'amende pour ne pas avoir brûlé ou traité le bois contaminé avant transport. Le bricoleur risque jusqu'à 450 € s'il ne déclare pas les termites en mairie dans le mois suivant leur découverte.
Poutres de grange récupérées gratuitement : 1 500 € d’amende pour termites
Un bricoleur a récupéré des poutres en chêne lors d’une démolition de grange pour son appentis, puis le diagnostiqueur a planté son poinçon dans le bois — et l’outil s’est enfoncé trop facilement.
Un matin d’automne, devant une vieille grange qui disparaît. Le propriétaire propose les poutres en chêne, gratuitement, à qui veut bien les emporter. Le bricoleur charge la remorque, content : de quoi monter un appentis avant l’hiver, mettre le bois de chauffage au sec. Au printemps suivant, le diagnostiqueur passe. Il plante son poinçon dans un montant, l’outil s’enfonce sans résistance. Les poutres de la grange sont la piste la plus probable, même si le lien exact reste difficile à prouver. Mais une chose est certaine : les termites voyagent surtout avec le bois que l’homme transporte.
Pourquoi la démolition d’une grange déclenche une obligation de traitement
Le code de la construction et de l’habitation prévoit des règles précises à l’article L126-6. Elles ne s’appliquent pas partout, mais dans les communes classées par arrêté préfectoral. Un tel arrêté est pris lorsque des foyers de termites sont identifiés dans une ou plusieurs communes, sur proposition ou après consultation des conseils municipaux concernés.
Pour savoir si un département est classé, la fiche F285 de service-public propose un outil de recherche, et l’arrêté lui-même se consulte en mairie ou en préfecture.
Dans une commune classée, les bois contaminés d’une démolition doivent être brûlés sur place ou traités avant transport. L’opération est réalisée par le propriétaire du bâtiment ou par un professionnel de son choix. Celui qui l’a menée la déclare ensuite en mairie dans le mois, par lettre recommandée avec avis de réception ou par dépôt contre récépissé (article R126-4, formulaire Cerfa 12012).
La déclaration indique :
- L’identité de celui qui a réalisé l’opération
- L’immeuble d’où viennent les bois
- La nature de l’opération effectuée
Le brûlage sur place : une option qui reste encadrée
Le texte prévoit bien cette option, mais brûler des déchets chez soi reste, en règle générale, interdit. Mieux vaut donc confier l’opération à un professionnel, que la loi cite expressément. Pour le propriétaire d’une grange, c’est la manière la plus sûre d’obtenir une déclaration en règle.
Pour celui qui récupère des poutres, c’est une raison de demander, avant de charger la remorque, si l’opération a eu lieu et qui l’a faite.
Brûler un feu de poutres au jardin n’est pas autorisé, même si la loi mentionne le brûlage sur place comme solution possible. Cette contradiction pratique pousse vers le recours au professionnel, seul moyen d’éviter à la fois l’amende pour transport de bois contaminé et celle pour brûlage sauvage de déchets.
Qui risque combien : le détail des amendes par profil
Le texte vise d’abord celui qui démolit, c’est-à-dire le propriétaire de la grange ou l’entreprise chargée du chantier. Ne pas brûler ni traiter le bois constitue une contravention de 5e classe, jusqu’à 1 500 €, et jusqu’à 3 000 € en cas de récidive. Dans cette histoire, c’est donc le propriétaire de la grange qui risquait jusqu’à 1 500 €, pas forcément celui qui a récupéré les poutres.
Omettre la déclaration de l’opération relève de la 4e classe, jusqu’à 750 €. Les articles R184-7 et R184-8 fixent ces plafonds, et aucun de ces montants n’est automatique.
Le bricoleur à l’appentis n’est pas visé de la même façon : s’il ne déclare pas les termites une fois qu’il en connaît la présence, il risque jusqu’à 450 €, soit une contravention de 3e classe.
C’est le plus bas des trois plafonds, mais il s’applique à lui directement. La déclaration en mairie est obligatoire partout en France, dans le mois qui suit la connaissance de leur présence.
La déclaration de termites : une obligation qui vaut partout
Dès qu’il sait qu’il y a des termites, l’occupant des lieux, ou à défaut le propriétaire, doit le signaler en mairie (article L126-4, article R126-2, formulaire Cerfa 12010). La notice du formulaire précise qu’une déclaration sur papier libre est aussi possible, et le courrier peut partir en recommandé avec avis de réception ou être déposé contre décharge.
Cette obligation vaut partout en France, y compris hors d’une zone classée par arrêté préfectoral. Elle concerne aussi bien un immeuble bâti qu’un terrain nu. Le diagnostiqueur constate, mais la déclaration incombe à l’occupant, ou au propriétaire s’il n’y en a pas.
Le délai d’un mois court dès que l’on sait, pas au moment des travaux.
Quand la commune va plus loin : le secteur de lutte renforcé
Certaines communes vont plus loin et délimitent un secteur de lutte contre les termites. Le maire peut alors exiger la recherche des termites et la réalisation des travaux nécessaires dans un délai de 6 mois. Le propriétaire doit adresser au maire les informations sur l’état du bâtiment pour justifier qu’il a bien fait la recherche.
Faute d’action dans les délais, la commune peut faire réaliser les travaux d’office, aux frais du propriétaire (article L126-6, I et II). Ne pas prouver que ces travaux ont été faits est sanctionné par une contravention de 5e classe, jusqu’à 1 500 €.
Le plafond est le même que pour l’absence de brûlage ou de traitement lors d’une démolition. Cette procédure ne s’applique toutefois que dans les communes qui ont délimité ce secteur de lutte, pas dans toutes.
Les trois vérifications avant de charger la remorque
Première vérification : savoir si la commune de la grange est couverte par un arrêté préfectoral. L’outil de la fiche F285 de service-public répond département par département, et la mairie ou la préfecture détient l’arrêté.
Deuxième réflexe : demander au propriétaire si le bois a été brûlé ou traité, et par qui. Troisième : conserver une trace écrite, comme l’accusé de réception ou le récépissé de la déclaration déposée en mairie.
Si les poutres sont déjà en place et que le doute s’installe, un diagnostic termites permet d’identifier la présence d’insectes.
En cas de confirmation, la déclaration en mairie reste à faire dans le mois, et un professionnel peut traiter. Récupérer des poutres anciennes n’a rien d’illégal en soi : la règle de brûlage ou de traitement vise les bois contaminés issus d’une démolition dans une commune classée. Rien ne prouve non plus que les termites de l’appentis viennent des poutres, seulement que le bois transporté est leur voie de propagation la plus fréquente. La déclaration en mairie, elle, ne dépend d’aucune enquête sur l’origine : elle s’impose dès que la présence de termites est connue.


