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Paillis d’écorces contre la façade : l’erreur que les charpentiers ne cessent de signaler

AI-illustration

En bref

Le paillis d'écorces plaqué directement contre la façade crée un passage continu permettant aux termites souterrains de rejoindre les plinthes et huisseries sans s'exposer à l'air libre.

Trois points à retenir

  1. Une bande de gravier minéral le long du mur coupe le passage des termites tout en conservant le paillis plus loin dans le massif.
  2. Les termites souterrains se nourrissent de cellulose présente dans l'écorce et profitent de l'humidité du paillis détrempé.
  3. La découverte de termites doit être déclarée en mairie dans le mois, sous peine d'amende de 450 €.

La réponse en bref

Le paillis d'écorces ne doit jamais être plaqué contre la façade car il crée un pont continu entre le sol et le bâti, permettant aux termites souterrains d'atteindre les plinthes et huisseries. Il faut laisser une bande nue ou couverte de gravier minéral le long du mur.

Paillis d’écorces contre la façade : l’erreur que les charpentiers ne cessent de signaler

Un massif paillé jusqu’au mur pour l’hiver semble un geste d’entretien banal, mais il ouvre aux termites souterrains un passage direct vers les plinthes et les huisseries.

Trois sacs d’écorces de pin, un samedi sec de fin octobre, et le massif qui longe la façade est bouclé pour l’hiver. Les écorces ont été tassées bien serrées jusqu’au mur, sans laisser le moindre jour entre le paillis et l’enduit. C’est ce dernier détail, anodin à l’œil, qui change tout. Le geste est ordinaire, presque vertueux : un paillis protège les racines du froid et limite les herbes folles. Mais un lit de bois humide plaqué contre la maison devient le chemin idéal des termites souterrains vers les plinthes et les huisseries.

Pourquoi le contact avec le mur pose-t-il problème ?

Le massif n’est pas en cause, c’est le contact avec le mur. Un paillis d’écorces plaqué contre la façade crée une continuité entre le sol et le bâti. Les termites souterrains se nourrissent de cellulose, présente dans l’écorce et le bois. Une fois ce pont établi, les insectes peuvent passer du massif au mur sans jamais s’exposer à l’air libre.

Les termites souterrains se nourrissent de cellulose, et l’écorce, comme tout débris de bois ou de végétaux, en contient.

Un paillis qui reste détrempé par les pluies d’automne y ajoute l’humidité nécessaire. Collé à la façade, il devient un passage invisible entre le sol et le bâti. Le ministère de la Transition écologique déconseille de garder près des murs « tas de bois de chauffage, débris de bois et de végétaux, cartons, souches d’arbres ». La liste dépasse largement le bûcher : le carton oublié contre le mur du garage y figure au même titre qu’une souche.

Le passage est d’autant plus sournois qu’il reste invisible. Sous un tapis d’écorces épais, personne ne voit ce qui se joue au pied du mur. Quand un signe finit par apparaître à l’intérieur, les insectes ont pu cheminer longtemps avant d’être repérés.

Tout paillis attire-t-il les termites ?

Rien ne permet d’affirmer que tout paillis attire les termites : un massif d’écorces à distance de la maison n’a pas le même statut qu’un lit de bois plaqué contre une huisserie. Ce qui compte, c’est la continuité entre le bois humide et la façade.

Les bûches empilées contre le mur relèvent du même réflexe. Elles aussi créent ce pont entre le sol et le bâti, avec la cellulose et l’humidité que recherchent les termites.

Comment protéger la façade sans priver le massif de paillis ?

La parade tient en une bande dégagée le long du mur, laissée nue ou couverte de gravier. Le gravier est minéral : il ne fournit aucune cellulose à ce qui chercherait à longer la façade. Le paillis garde sa place plus loin dans le massif, là où il ne touche plus rien.

Une bande de gravier le long de la façade coupe ce passage sans priver le massif de paillis.

Le chantier est simple :

  • Tirer les écorces à la main ou au râteau pour libérer le pied de façade
  • Repousser le paillis vers l’avant du massif
  • Laisser une bande nue ou couvrir de gravier minéral

Quant à la largeur de la bande, mieux vaut demander conseil à un professionnel du traitement que de la deviner. La fin octobre s’y prête bien, puisque le massif vient d’être travaillé de toute façon.

Quels signes surveiller au pied de la façade ?

Deux signes méritent un coup d’œil régulier. Sur le mur, des galeries de terre qui montent depuis le sol trahissent le passage de termites. Du côté du bois, une plinthe, une huisserie ou un bas de porte qui sonne creux quand on le tapote doit alerter.

Ces indices ne prouvent rien à eux seuls. Pour confirmer la présence de termites, un diagnostic termites est recommandé.

Le meilleur moment pour regarder, c’est celui où l’on dégage la bande.

Pied de façade, plinthes côté intérieur, encadrements de portes et de fenêtres : ce sont les points d’arrivée logiques d’un passage venu du massif. Un tapotement du bout des doigts ou du manche d’un outil permet de comparer la réponse du bois d’un endroit à l’autre. Le contrôle peut se refaire à chaque fois que l’on touche au paillis.

Votre commune figure-t-elle sur la carte des secteurs contaminés ?

Une carte existe, et elle varie d’une commune à l’autre. Les zones contaminées par les termites, ou susceptibles de l’être à court terme, sont délimitées par arrêté préfectoral, pris sur proposition ou après consultation des conseils municipaux des communes où des foyers ont été identifiés. La mairie ou la préfecture peut indiquer si la commune figure dans le périmètre.

La déclaration, elle, ne dépend pas de cette carte.

Que dit la loi en cas de découverte de termites ?

Dès la découverte de termites, l’occupant doit les déclarer en mairie dans le mois qui suit. À défaut d’occupant, la charge revient au propriétaire, et au syndicat des copropriétaires pour les parties communes d’un immeuble en copropriété. L’envoi se fait par lettre recommandée avec avis de réception, ou par dépôt en mairie contre récépissé. Un formulaire officiel existe pour cela, le Cerfa n°12010*01.

Une déclaration en mairie est obligatoire dans le mois suivant la découverte de termites, sous peine d’amende de 450 €.

Il s’agit d’une contravention de 3e classe, distincte des autres sanctions prévues par la même loi.

Le traitement ouvre un autre volet administratif. Le professionnel qui intervient doit à son tour déclarer en mairie les opérations de traitement ou d’incinération des bois contaminés, dans le mois qui suit. Les traitements ne garantissent d’ailleurs pas toujours l’éradication définitive des termites.

En zone contaminée, la loi du 8 juin 1999 impose aussi d’incinérer ou de traiter les bois infestés lors d’une démolition, avec une déclaration en mairie à la clé, punie de 750 € d’amende si elle est omise.

Un massif bien paillé ne pose aucun problème, tant qu’il garde ses distances avec la façade. C’est le pont entre le sol humide et le mur qui fait toute la différence.