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Halloween 2023 : le maquillage pailleté que je rinçais au lavabo a disparu des rayons — j’ai compris trop tard

AI-illustration

En bref

Une réglementation européenne entrée en vigueur le 17 octobre 2023 interdit la vente de paillettes cosmétiques plastiques en vrac pour protéger les rivières des microplastiques.

Trois points à retenir

  1. Les paillettes cosmétiques classiques sont composées de polyéthylène téréphtalate métallisé, un plastique non biodégradable qui finit dans les rivières et océans
  2. Depuis octobre 2023, l'Union européenne restreint la commercialisation des paillettes plastiques vendues en vrac
  3. Pour limiter la pollution, il faut retirer les paillettes avec un coton sec avant de rincer le visage à l'eau

La réponse en bref

Les paillettes cosmétiques plastiques en vrac ont disparu des rayons en raison d'une réglementation européenne du 17 octobre 2023 visant à réduire la dispersion de microplastiques dans l'environnement. Les alternatives acceptables contiennent du mica naturel ou de la cellulose.

Halloween 2023 : le maquillage pailleté que je rinçais au lavabo a disparu des rayons — j’ai compris trop tard

Un pot de paillettes cosmétiques que l’on cherche à racheter en magasin et qui n’existe plus : derrière cette petite déception se cache une réglementation européenne entrée en vigueur le 17 octobre 2023 pour protéger les rivières des microplastiques.

Le dimanche soir après Halloween, devant le lavabo de la salle de bain. Ma fille, les joues couvertes de paillettes dorées et les tempes parsemées d’étoiles argentées, penche la tête sous le robinet. L’eau chaude coule, un peu de savon, quelques frottements, et les paillettes disparaissent dans le siphon en un tourbillon brillant. J’étais loin de me douter que ce geste anodin, répété des millions de fois dans les foyers français chaque automne, posait un problème environnemental concret. La vérité m’a rattrapée quelques semaines plus tard, au rayon cosmétique.

Le geste du quotidien que personne ne remet en question

Rincer le visage d’un enfant après une soirée déguisée fait partie de ces habitudes bien ancrées. Eau chaude, savon, serviette propre : on ne se pose aucune question. Pourtant, ces minuscules particules brillantes ne se dissolvent pas dans l’eau. Elles sont composées, dans la grande majorité des cas, de polyéthylène téréphtalate métallisé, un plastique non biodégradable qui leur donne cet éclat si prisé lors des fêtes.

Une fois évacuées dans les canalisations, ces particules rejoignent le circuit des eaux usées, où elles sont en partie retenues par les stations d’épuration — mais pas totalement.

Le reste finit dans les rivières, puis dans les océans, où il mettra des centaines d’années à se dégrader. Entre-temps, ces microplastiques sont ingérés par la faune aquatique, avec des conséquences désormais documentées par de nombreuses études environnementales. Un pot de paillettes, aussi festif soit-il, représente une source directe et concentrée de pollution plastique.

La surprise au rayon cosmétique : pourquoi ce pot avait disparu

En retournant en magasin pour racheter le même produit, la surprise a été totale. Le pot de paillettes cosmétiques en vrac n’était plus disponible. Ni sur les étagères habituelles, ni même au rayon saisonnier dédié aux fêtes. Aucune étiquette de rupture de stock, aucun produit de remplacement au même emplacement. Appelons cela un indice.

Ce n’est pas une pénurie passagère, mais bien le résultat d’une évolution réglementaire qui touche directement ce type de produit. Les paillettes libres, vendues en pot ou en flacon sans être intégrées à une formule cosmétique stable, font partie des articles progressivement retirés de la vente en Europe.

  • Les paillettes plastiques vendues en vrac sont visées en priorité
  • Des délais spécifiques s’appliquent aux cosmétiques contenant des paillettes intégrées
  • L’objectif : réduire la dispersion de microplastiques dans l’environnement

Un détail qui passe souvent inaperçu, jusqu’au jour où l’on cherche à remplacer un produit du quotidien et qu’il n’existe plus.

Ce que dit précisément la réglementation européenne depuis octobre 2023

Cette disparition n’a rien d’anecdotique. Depuis le 17 octobre 2023, l’Union européenne restreint la commercialisation de certaines paillettes plastiques vendues en vrac, dans le cadre d’une réglementation plus large visant à limiter la dispersion des microplastiques dans l’environnement. Les fabricants de cosmétiques disposent également de délais pour adapter leurs formules et remplacer les paillettes plastiques par des alternatives acceptables.

L’objectif affiché est clair : réduire la quantité de microplastiques qui finissent dans les rivières, puis dans les océans.

Concrètement, les paillettes visées par la réglementation sont celles composées de polymères synthétiques qui ne se dégradent pas naturellement. Le polyéthylène téréphtalate métallisé, présent dans la majorité des paillettes cosmétiques bon marché, figure en tête de liste. Un pot de 20 grammes de paillettes représente ainsi plusieurs milliers de particules microplastiques potentiellement relâchées dans l’eau à chaque démaquillage.

Les gestes simples pour se démaquiller sans polluer

Face à ce constat, quelques habitudes simples permettent de limiter les dégâts, que le maquillage contienne encore des paillettes plastiques ou non. Plutôt que de rincer directement le visage sous l’eau, mieux vaut retirer un maximum de produit à sec, avec un coton ou un mouchoir, avant tout contact avec l’eau.

Voici les réflexes à adopter dès maintenant :

  1. Retirer les paillettes avec un coton sec ou démaquillant, puis jeter le coton aux ordures ménagères plutôt que de le rincer
  2. Éviter de passer directement le visage sous le jet d’eau quand le maquillage contient des paillettes
  3. Privilégier des cosmétiques formulés avec des alternatives au plastique, comme le mica naturel ou des paillettes à base de cellulose
  4. Vérifier systématiquement la composition des produits achetés pour les futures occasions festives

Ce simple changement d’ordre dans la routine de démaquillage évite que des milliers de particules plastiques ne partent directement dans les canalisations.

Le mica et la cellulose, utilisés par certaines marques depuis quelques années, offrent un rendu visuel similaire tout en étant d’origine minérale ou végétale. Certes, le prix peut être légèrement supérieur, mais la différence reste modeste pour un produit utilisé quelques fois par an.

Comment identifier les alternatives acceptables en magasin

Devant le rayon cosmétique, il n’est pas toujours facile de distinguer un produit conforme d’un produit encore toléré pendant la période de transition. Quelques indices permettent de s’orienter rapidement. Les mentions « mica naturel », « paillettes biodégradables » ou « cellulose » sur l’emballage sont de bons indicateurs. En revanche, les termes vagues comme « formule améliorée » ne garantissent rien.

La liste INCI, obligatoire sur tous les cosmétiques vendus en Europe, reste la référence la plus fiable. Si les termes « polyethylene terephthalate », « PET », « polyester » ou « polymethyl methacrylate » y figurent, le produit contient des paillettes plastiques. À l’inverse, la présence de « mica », « cellulose » ou « calcium aluminum borosilicate » indique une formule sans microplastiques problématiques.

Ce qui change concrètement pour les prochaines fêtes costumées

La disparition progressive des paillettes plastiques en vrac des rayons cosmétiques traduit une prise de conscience plus large sur l’impact des microplastiques dans l’environnement. Pour les prochaines occasions — carnaval, anniversaires à thème, spectacles scolaires —, le réflexe à adopter reste simple : vérifier la composition du produit avant l’achat, et surtout, adapter le geste du démaquillage.

Un coton à jeter plutôt qu’un rinçage à grande eau, c’est un petit changement d’habitude qui, multiplié par le nombre de visages maquillés chaque année en France, finit par compter réellement pour la santé des cours d’eau. D’autant que les alternatives existent désormais dans la plupart des enseignes, souvent au même rayon que les anciens produits.

Ce pot de paillettes que je cherchais à racheter ne reviendra pas. Mais en comprenant pourquoi il a disparu, je me suis rendu compte qu’une simple routine du soir pouvait avoir des répercussions bien au-delà de notre lavabo.